L’Hymne des Femmes : Un Chant de Sororité Féministe
❝ Le temps de la colère, les femmes.
Notre temps, est arrivé.
Connaissons notre force, les femmes.
Découvrons-nous des milliers !❞
Description
L’Hymne des femmes, écrit par des militantes du Mouvement de Libération des Femmes en 1971, incarne les luttes féministes en France. Basé sur le Chant des marais, il dénonce l’oppression historique des femmes, appelle à la solidarité entre elles et à la sororité.
Les années 1960 et 1970 ont vu l’émergence de telles revendications pour l’égalité des droits.
Ce chant, toujours pertinent, témoigne de la résilience et de la force collective des femmes face aux inégalités.
Il est repris lors des manifestations modernes pour les droits des femmes, montrant son impact international et son héritage durable dans la lutte féministe.
Contexte historique et politique
« L’Hymne des femmes« est une chanson militante féministe créée en 1971 par le Mouvement de Libération des Femmes (MLF) en France. Les paroles ont été écrites par des militantes anonymes du MLF, et la mélodie est basée sur celle du Chant des marais (Die Moorsoldaten), un chant de résistance allemand composé par des prisonniers politiques en 1933 dans un camp de concentration nazi.
Les années 1960 et 1970 sont marquées par une montée en puissance des luttes féministes en France et dans le monde.
Dans la foulée de Mai 68 et des mouvements de contestation sociale, les femmes revendiquent l’égalité des droits et dénoncent les oppressions patriarcales. Plusieurs revendications émergent, notamment :
- La remise en question des rôles traditionnels et de la domination masculine.
- Le droit à l’avortement et à la contraception (qui aboutira à la loi Veil en 1975).
- L’égalité professionnelle et salariale.
- La lutte contre les violences faites aux femmes.
Rapidement adopté par le MLF, elle est reprise lors de nombreuses actions militantes, notamment :
Les rassemblements du 8 mars (Journée internationale des droits des femmes)
Les mobilisations pour la légalisation de l’IVG (1971-1975)
Les manifestations contre les violences faites aux femmes
L’hommage à la femme du soldat inconnu :
Cette action, discret mais profondément symbolique, marquera l’histoire des luttes féministes en France.
Chaque année, à l’approche du 26 août, date anniversaire du droit de vote des femmes aux États-Unis. Cette journée est choisie par le MLF pour rendre hommage aux femmes oubliées de l’Histoire. Des militantes du Mouvement de Libération des Femmes déposent une gerbe de fleurs sous l’Arc de Triomphe, sur la tombe du Soldat inconnu.
Ce n’est pas au soldat inconnu qu’elles rendent hommage. Sur la gerbe, une inscription claire et puissante : « À la femme du soldat inconnu ».
Ce simple ajout bouleverse le sens du rituel. Il ne s’agit plus seulement de commémorer les morts de la guerre, mais aussi de rappeler la place oubliée des femmes dans les récits officiels. Ces femmes, anonymes, mères, infirmières, ouvrières ou résistantes, reléguées à l’arrière-plan, ont pourtant porté l’effort de guerre à leur manière, sans reconnaissance.
Le premier dépôt de cette gerbe remonte à 1970, un acte militant organisé dans le silence, sans autorisation, en risquant l’intervention des forces de l’ordre.
Les militantes sont rapidement interpellées par la police pour manifestation non autorisée.
Ce fut un moment fondateur pour le MLF, qui affirmait ainsi sa volonté de rendre visibles les invisibles.
Depuis, ce geste est devenu rituel. Il ne cherche pas à provoquer, mais à rappeler. À dire que derrière chaque héros célébré, il y a des femmes que l’Histoire a effacées.
C’est un acte de mémoire féministe, mais aussi de poésie politique.
Influence et héritage
Aujourd’hui encore, L’Hymne des femmes demeure un chant phare du mouvement féministe. Sa force réside dans son caractère intemporel : bien que né dans les années 1970, son message reste pertinent face aux inégalités persistantes entre femmes et les hommes.
L’Hymne des femmes est plus qu’une simple chanson : c’est un chant de révolte et de solidarité, témoin d’une lutte qui a marqué l’histoire et qui continue aujourd’hui.
Il fait partie du patrimoine musical féministe et continue d’être chanté par les nouvelles générations de militantes.
Il est repris lors des marches féministes du XXIᵉ siècle, notamment pour les mouvements #MeToo, lors des mobilisations contre les féminicides, pour l’égalité salariale ou contre le harcèlement sexuel.
Son impact est international : bien qu’il soit d’origine française, le chant a été repris dans plusieurs pays et traduit dans différentes langues.
Paroles
Nous qui sommes sans passé, les femmes
Nous qui n’avons pas d’histoire
Depuis la nuit des temps, les femmes
Nous sommes le continent noir.
Levons-nous femmes esclaves
Et brisons nos entraves
Debout, debout, debout !
Asservies, humiliées, les femmes
Achetées, vendues, violées
Dans toutes les maisons, les femmes
Hors du monde reléguées.
Levons-nous femmes esclaves
Et jouissons sans entraves
Debout, debout, debout !
Seules dans notre malheur, les femmes
L’une de l’autre ignorée
Ils nous ont divisées, les femmes
Et de nos sœurs séparées.
Levons-nous femmes esclaves
Et brisons nos entraves
Debout, debout, debout !
Le temps de la colère, les femmes
Notre temps, est arrivé
Connaissons notre force, les femmes
Découvrons-nous des milliers !
Levons-nous femmes esclaves
Et jouissons sans entraves
Debout, debout, debout !
Reconnaissons-nous, les femmes
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble, on nous opprime, les femmes
Ensemble, Révoltons-nous !
Levons-nous femmes esclaves
Et jouissons sans entraves
Debout, debout, debout !
Pour aller plus loin
Articles :
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Hymne_du_MLF
- https://www.lhistoire.fr/%C3%A9t%C3%A9-1970-la-r%C3%A9volution-mlf
- https://balises.bpi.fr/hymne-des-femmes/
Documentaires :
- Le MLF, histoire d’un combat féministe – https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/le-mlf-histoire-d-un-combat-feministe
- Simone Veil, Olympe de Gouges.. : L’Histoire du Combat Féministe en France – https://www.youtube.com/watch?v=p8MMS2MLc80&t=3030s
- MLF, 50 ans de libération des femmes – https://www.youtube.com/watch?v=AuIhidC_U88
Littératures :
« La femme a le droit de monter à l’échafaud;
Olympe de GOUGES (1755-1793) Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, septembre 1791
elle doit avoir également celui de monter à la tribune. »

